Le 12 février un militant fasciste est décédé dans une rixe en plein Lyon.
Nous combattons ces idées mais nous sommes tristes que quelqu’un soit mort à cause de son idéologie.
Les faits sont extrêmement graves et traduisent une société de plus en plus fracturée, où l’autre est soit stigmatisé soit caricaturé.
Ces évènements auraient mérité un traitement médiatique moins sensationnaliste et un monde politique plus digne qui n’utilise pas la mort de quelqu’un comme tremplin électoral.
Les faits sont graves mais malheureusement ce n’est pas une surprise pour nous, tant le climat est délétère à Lyon. A dire vrai, nous nous attendions plutôt à ce que ce soit un de nos copains qui meurent sous les coups de milices fascistes tant les attaques étaient nombreuses depuis des années.
Rien qu’à Lyon, Rue 89 à comptabilisé 102 agressions fascistes depuis 2010. Il s’agit d’attaques racistes, homophobes, mais aussi attaques de commerces, dans des enceintes sportives, de réunions publiques ou de locaux syndicaux.
Le local de notre union départementale a même été attaqué, pour la 2eme fois, dans la nuit du 14 au 15 février car Alice Cordier, porte-parole de Némésis, avait jeté en pâture le nom de notre organisation sur le plateau de CNews jeudi 12 au soir, l’associant à tort et sans aucune preuve aux violences qui ont causé la mort de ce militant d’extrême droite.
Ces chiffres nous semblent même minorés, car à presque chaque manif, des militants isolés se font au mieux détrousser, au pire frapper par ces nervis d’extrême-droite. Et nous ne parlons pas des agressions racistes, tant il est difficile pour certains (marginaux, sans papiers…) de faire entendre leur voix.
Si ces faits perdurent depuis des années, c’est qu’il existe soit une complaisance policière soit un manque criant de volonté politique et de moyens puisque 70% des faits n’ont engendré aucune poursuite et que les quelques sanctions prononcées sont loin d’être dissuasives. Pas de justice, pas de paix.
La complaisance est même criante lorsqu’un candidat à la mairie de Lyon demande que le portrait de ce militant soit affiché devant la mairie ! Mais comment être étonné venant de la part d’une personne qui a laissé la fachosphère bien tranquille dans son stade. Depuis des années, ces groupuscules lancent une Marseillaise à la 88eme minutes. Si pour vous 88eme minute ne veut rien dire, pour les dégénérés d’extrême droite, ça veut dire beaucoup. 8 comme H la 8eme lettre de l’alphabet. Donc 88 = HH soit la forme abrégée de heil Hitler ! Et ce candidat à la mairie a laissé faire pendant des années !
Sud le répète les faits sont extrêmement graves et auraient mérités un traitement moins binaire. Tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir. Les actes des antifas sont impardonnables et ils devront être puni à la hauteur de leur gravité.
Mais est-ce que les médias avaient besoin de présenter la victime comme une oie blanche ? Si l’on veut tirer des leçons de cette tragédie, il faut un état des lieux complet afin de comprendre la genèse de tout cela. Ce serait une erreur et contre-productif de taire le fait que la victime grenouillait dans l’académie christiana (une orga qui prépare entre autres ses adhérents aux croisades en les entrainant à se battre et qui souhaite mettre en place une dictature raciste), l’action française (dont le but initial est de lutter contre les juifs désignés comme ennemi de l’intérieur en installant un antisémitisme d’état), bastion social (association néofasciste créée par des anciens du GUD dissout pour appel à la haine, aux discriminations et aux actions violentes), activ club ( mélange de club de MMA néonazi et de mouvement de suprémacistes blancs)…
La quasi-impunité dont jouissaient ces groupuscules ultra violents d’extrême droite a provoqué la création de leur pendant à gauche. Pas de justice, pas de paix. Les confrontations de plus en plus régulières de ces 2 pôles devaient nécessairement déboucher sur une tragédie. On y est ! Si les pouvoirs publics ne prennent pas des mesures drastiques et ne font pas le ménage dans Lyon, et ne s’attaquent pas à tous ceux qui cherchent à diviser, il est à craindre qu’il y ait de nouvelles tragédies.
Les médias se sont emparés avidement de ce fait divers, pour SUD nous souhaiterions aussi qu’ils fassent preuve du même empressement quand il s’agit de violences sociales. Les fermetures d’usines, les délocalisations, la saignée des effectifs dans les grandes entreprises comme Orange, font aussi de gros dégâts qui peuvent aller de la simple décompensation, en passant par l’explosion de la cellule familiale jusqu’aux suicides.
Sud dénoncera toujours les violences qu’elles soient physiques ou sociales.